On sait enfin pourquoi les femmes se plaignent du froid au bureau

EstiaTech a compris cela depuis longtemps. C’est pour cela que nos installations de chauffage ont été calculés sur 25°C dans la maison et non comme la régulation thermique (RT2012) sur 19°C.

C’est une scène de vie de bureau classique. D’un côté, les hommes, en petit polo ou en T-shirt, qui trouvent qu’il fait trop chaud. Et de l’autre, la gent féminine, emmitouflée sous des pulls et des gilets pour ne pas grelotter.

Cette différence de perception de la température ambiante a été jugée si sérieuse que des chercheurs de l’université de Maastricht, aux Pays-Bas, se sont penché dessus. Le fruit de leurs recherches, publié dans la revue Nature Climate Change le 3 août, met en cause la formule mathématique utilisée depuis les années 60 pour réguler la température ambiante de nombreux bâtiments.

La faute à l’homme de 70 kilos pris en référence

Si celle-ci prend en compte des paramètres imparables comme la température de l’air, la vitesse de ventilation ou bien encore la capacité d’isolation des vêtements, elle s’appuie sur un critère plus discutable… à savoir le métabolisme (autrement dit la capacité du corps à produire de la chaleur) d’un homme, d’une quarantaine d’années et pesant 70 kilos.

Un profil-type, bien éloigné de celui des femmes, qui constituent pourtant la moitié du personnel présent dans les bureaux. Celles-ci sont souvent plus petites, et aussi moins musclées (ou pour reprendre les termes des chercheurs, leur corps possède plus de masse grasse) que leurs homologues masculins.

Les femmes ont besoin de 25°C

Des différences anatomiques impliquant qu’elles mettent plus de temps à produire de la chaleur. « On estime que le métabolisme des femmes produit 35% de chaleur de moins que celui utilisé actuellement dans le modèle mathématique », explique Boris Kingma, l’un des co-auteurs de l’étude au New York Times.

Concrètement quand les hommes s’estiment à l’aise avec une température de 21°C, les femmes ont besoin de 25°C pour trouver la même sensation de confort.

Revoir la formule mathématique

Pour que l’open space retrouve sa quiétude, il suffit de changer la formule mathématique qui régule la température des bureaux, en prenant en compte le métabolisme féminin. En plus d’augmenter le confort, et donc la productivité de cette partie du personnel, ce changement aurait des répercussions sur les dépenses d’énergie.

« Si vous avez une idée plus précise de la demande thermique des personnes à l’intérieur, alors vous pouvez concevoir le bâtiment de manière à limiter les pertes d’énergie, et cela signifie que l’émission de dioxyde de carbone est moins élevée  » conclut le chercheur néerlandais. En clair, résoudre le clivage homme/femme autour du confort thermique n’est qu’une question de volonté.

Par Coralie Cathelinais